Eté 2012 : voilà sept ans que nous parlons voyage et de tour du monde… Il serait temps de se lancer avant qu’il ne soit trop tard !
Lucas rêve de voyager à bord d’un voilier.  Il est né sur un bateau, a voyagé toute son enfance et adore la voile.

Pour moi, le voyage à la voile n’était pas une évidence au départ.
J’imaginais plutôt mon voyage avec un sac à dos et un billet d’avion !
Et puis de fil en aiguille, je me retrouve à dire à Lucas au printemps 2012 : « Bon on fait un stage de voile ensemble, et si ça me plait on achète un bateau » Et lui de me répondre « Ok ça me va ».
Et bien c’est ce que nous avons fait. La voile a été une véritable révélation pour moi !
Nous avons donc commencé à chercher des bateaux.
L’histoire commence à Martigues (près de Marseille).

Rencontre avec un JNF 38

Le hasard nous a mis sur la route d’un JNF 38. Voilier acier de 12m de long par 3,85m de large.
C’était exactement le genre de bateau que nous recherchions : robuste, marin, assez grand pour envisager de vivre dessus, et avec de nombreuses possibilités d’améliorations et personnalisation.
C’est parfait : Tau Here (c’est son nom) regroupe tous ces critères.

Nous voilà donc en ce mois de janvier 2013 en route vers Martigues, où le bateau est stocké en attendant son nouveau propriétaire.
Le courant est de suite passé, la décision ne se fait pas attendre : ça sera notre bateau.

Mise à flot et convoyage

12 janvier 2013 : jour de mes 25 ans tout rond ! Nous voilà propriétaire d’un voilier.
Acheter un voilier : c’est fait
Le ramener jusque chez nous : oula ! Il va se passer quelques aventures avant de pouvoir mettre une croix dans la case « fait » !

Toutes les possibilités sont étudiées : par la mer, par le canal du midi, par la route via un convoi exceptionnel…
Solution retenue : par la mer ! C’est un bateau après tout !
Pour ça il nous faut de l’aide. Nous ne sommes pas encore assez aguerris pour prendre la mer que tous les deux !
Fred sera notre skipper pour cette traversé au départ de Martigues. Lieu d’arrivée : Port Médoc au Verdon sur Mer. En passant par le détroit de Gibraltar.

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Fred notre ami skipper qui nous aidera pour ce convoyage

De Martigues à Barcelone

Nous voilà donc parti en ce jour glacial du 2 mars 2013.
On hisse la grand voile à l’aube.
Il faut partir vite, la météo prévoit du gros temps dans quelques heures.
Les premières heures de navigations se passent très bien, malgré le froid.
En revanche, la tempête prévue arrive à grands pas et lorsque le soleil se couche, la mer commence à se former.
Arrivé à Barcelone 36h plus tard : juste à temps pour éviter le gros de la tempête !

Seulement voilà : partir pour une navigation de ce type sans trop d’expérience et fatigués n’est pas sans conséquences.
Je m’explique : mars 2013, je suis dans le rush de ma dernière année d’étude (rédaction du mémoire et tout le tintouin), la préparation du convoyage à distance en moins d’un mois est très stressante et fatigante. Sans compter que nous faisions des aller-retour à Martigues tous les week end.
Ajoutez à cela le manque d’expérience, le froid et le mauvais temps et vous obtenez une Sonia complètement malade à bord la première nuit. Incapable d’assurer son quart…

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Il fait froid !!

 

Nous nous retrouvons ensuite coincés à Barcelone quelques jours à cause du mauvais temps. Cela nous laisse donc le temps, à Fred, Lucas et moi-même, de discuter de la suite des choses.
La décision est finalement prise : retour à Bordeaux pour moi. C’est plus prudent, les garçons veulent avaler les miles et je ne pense pas en être capable dans les conditions qu’impose le convoyage.
Ce n’est pas en effet une promenade de santé, le but étant d’arriver assez rapidement à Bordeaux on ne peut pas se permettre de s’arrêter souvent.

Je part de Barcelone les yeux remplis de larmes car je suis face à un échec considérable. Et une grosse remise en question s’impose à moi : vais-je pouvoir être à la hauteur de mes espérances pour ce projets ??
Je décide de mettre de côté le bateau et le voyage quelques temps. Le temps pour moi de finir mes études dans le calme. On verra au mois de juin. Ne précipitons pas les choses.

Le voyage continue pour les garçons.

De Barcelone à Bordeaux

Fred et Lucas continuent leur progression vers Bordeaux.
Cette partie du voyage est rythmée par les jours de beau temps où ils ont pu croiser le chemin de quelques baleines et dauphins, mais aussi par des périodes un peu plus tempétueuses dans du gros temps.
Cependant, quelle que soit la météo notre Tau Here se comporte à merveille sur la mer. Cela est très rassurant pour la suite des choses, lorsque nous partirons tous les deux.

Mais cette partie de l’aventure n’a pas été sans difficultés je vous rassure ! En bateau rien n’est facile !!
Certes le beau temps a été au rendez-vous, mais le froid, le vent et les vagues de face continuellement aussi. Je peux vous dire que ce n’est pas rigolo.
Par ailleurs, le pilote automatique (équipier de choix lorsqu’on part pour une longue distance), s’est cassé seulement quelques jours après le départ de Barcelone.
De longue nuits à barrer le bateau, souvent seul lorsque le deuxième équipier dormait, les attendaient.
Depuis Bordeaux, j’ai tenté de leur faire parvenir les pièces mais en vain. La poste internationale a été trop longue. Ils ne pouvaient pas attendre indéfiniment dans un port.

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Après avoir passer le détroit de Gibraltar, Lucas a dû à son tour quitter l’aventure. Non pas pour cause de « gros vomito » comme se fut le cas pour moi, mais parce que les trois semaines de vacances qu’il avait prises pour convoyer Tau Here s’étaient écoulées.
Bon très bien…. Nouvelle mission : trouver un équipier pour accompagner Fred dans la suite du voyage en seulement quelques jours.
Heureusement internet et les réseaux sociaux facilitent le travail !
Nous avons pu trouver des équipiers motivés en peu de temps.

Fin avril 2013 : Tau Here est arrivé à destination > Le Verdon sur Mer (Port Médoc). Port le plus proche de notre maison.