La vie en bateau est remplie d’imprévus. Certains sont agréables : belles rencontres, découvertes culinaires, bons plans économiques… D’autres en revanche le sont beaucoup moins. Après l’épisode du presse-étoupe (souvenez-vous lorsque notre bateau avait pris l’eau !) qui nous avait bloqué à Almérimar durant presque 10 jours – une journée pour réparer et neuf à attendre que la météo nous permette de repartir – voici l’épisode du frigo !

Escale à Cartagnea

Arrivés à Carthagène, nous y faisons escale durant trois jours. Superbe ville, remplie de monuments historiques et offrant tous les avantages de la civilisation (shopping, supermarchés !). Le quatrième jour, la météo est bonne, nous partons pour les Baléares. Cette fois c’est pour de bon ! Nous nous levons au petit matin, prenons une douche, un peu de rangement pour que rien ne bouge durant la traversée, on remplit les réservoirs (la routine du départ finalement !).

Lucas fait une dernière vérification : le frigo. N’a t-il pas fait trop de glace ? Il ne fonctionne plus très bien, fait beaucoup de glace et consomme énormément d’énergie. Zut, l’évaporateur est plein de glace. Qu’à cela ne tienne, nous tentons de l’enlever en frappant dessus, ainsi le frigo consommera moins et, si nous naviguons seulement à la voile, nous aurons suffisamment d’énergie pour le pilote automatique. Mais un coup trop fort et mal dirigé perce un des tuyaux de l’évaporateur, répandant tous le gaz hors du système frigorifique.
Nous revoila parti sur le même scénario : deux jours pour réparer (24h pour recevoir les pièces et une journée de travail) et une semaine à attendre que Mme Météo nous permette de repartir. Nous avons été ainsi bloqués deux fois par un flux de nord bien établi. En d’autres termes, nous essayions de remonter vers les Baléares, et le vent nous en empêchait : vent fort de face qui, en plus de nous freiner fortement, soulève une mer de face également. Cela ralenti doublement et rend le trajet très inconfortable.

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Enfin, un beau jour, le 5 juillet 2016, la météo nous offrit une petite fenêtre nous permettant de remonter et de nous faufiler entre les îles des Baléares ! C’est parti pour quatre jours et demi de navigations, avec au bout la récompense des îles !

Enfin nous y voilà !

Nous avons navigué près de 36h entre Carthagène et Formentera (petite île au sud de l’île d’Ibiza) où nous avons décidé de faire une  halte au mouillage avant de repartir le lendemain. Quelle ne fut pas notre déception de voir le fameux petit mouillage que l’on nous avait conseillé rempli de touristes. Certes, nous sommes au mois de juillet et il ne faut pas s’attendre à trouver les escales désertiques. Mais nous ne nous attendions pas à cela pour autant. Après s’être faufilé entre les très nombreux bateaux, nous tentons de poser l’ancre. Mais cette dernière n’accroche pas et notre bateau tend à déraper sur ceux des voisins. Dans un élan un peu trop rapide, je voulu aider notre guindeau (élément servant à remonter la chaine et l’ancre) en ramenant la chaine à la main. Grave erreur : mes doigts se sont coincés dans le guindeau, me valant une petite visite à l’hôpital local… Heureusement, plus de peur que de mal, mes doigts sont un peu meurtris mais sains et saufs !

Nous avons repris la route dès le lendemain en direction de Majorque où nous avons fait une escale très agréable d’une nuit, et sommes finalement arrivés à Minorque le 10 juillet.
Notre premier mouillage sur l’ile était somptueux : eau turquoise, falaises rocheuses surmontés de pinèdes. Minorque est une très belle île.

Nous sommes actuellement au mouillage dans la Cala de Binisafua, juste en bas de la maison familiale. Nous partageons notre temps entre terre et mer. D’ici quelques jours, nous reprendrons le bateau pour faire un petit tour de l’île avant de remettre le cap sur le continent où d’autres aventures nous attendent.