Je le dis régulièrement dans mes articles et sur les réseaux sociaux, être nomade digital, c’est avant tout être entrepreneur. Monter sa boite demande énormément d’investissement personnel. Il faut :

  • Se former ;
  • S’organiser ;
  • Maîtriser de nouveaux outils ; 
  • Acquérir de la confiance dans nos compétences ; 
  • Se faire connaître ;
  • Maîtriser les bases du marketing digital ;
  • Créer son site web ;
  • Faire de la veille technologique ;
  • Gérer son image sur les réseaux sociaux ;
  • Etc. 

Tout cela en gérant le voyage et ses difficultés. Pour autant, ce style de vie est particulièrement intéressant quand on veut parcourir le monde avec le moins de contraintes possibles. Le nomade digital est donc confronté à une double problématique : celle du voyageur et celle de l’entrepreneur. Dans l’article de la semaine dernière, j’évoquais les questionnements du nomade. Je te propose aujourd’hui une analyse de la partie entrepreneuriale de cette fabuleuse aventure. Est-il vraiment possible d’être victime de burn-out alors même que tu vis ton rêve professionnel et personnel ?

Qu’est-ce que le burn-out du nomade digital ?

L’hyperconnectivité est souvent la cause numéro un de l’épuisement professionnel. Cela se traduit par une fatigue physique et émotionnelle intense couplé à un sentiment d’impuissance et d’échec. 

Pour le nomade digital, cela revient à ne plus trouver ni le goût ni la force de maintenir ce mode de vie et la difficulté de mener deux activités simultanément devient écrasante.  L’image que renvoie le nomade digital ne l’aide pas à assumer son mal-être : nous sommes vu comme des chanceux, en vacance perpétuelle dans des lieux de rêve. Ainsi, avouer son mal-être peut être mal interprété par le monde extérieur : “tu travailles sans contraintes et tu es au paradis, tu ne peux pas te plaindre”. Cette incompréhension accentue ce sentiment d’être naufragé au milieu d’une masse de travail, de vie sociale et d’organisation du quotidien/voyage qui devient ingérable. 

4 symptômes à identifier 

  • Difficultés à se concentrer  Cela peut être le résultat d’un stress à long terme (soit parce que la charge de travail est trop forte ou au contraire parce que les revenus et la clientèle n’arrivent pas.). On se retrouve alors devant l’ordinateur avec une liste longue comme le bras de tâches à accomplir et pourtant, on passe notre temps à surfer sur le web, traîner sur Facebook, Instagram ou Youtube.
  • Un sentiment de culpabilité Comme tu es moins concentré, tu es moins efficace. Répondre aux clients, atteindre les objectifs de la semaine ou encore prendre du temps pour toi (et donc ton voyage !) sont autant de choses que tu ne parviens pas à faire, ou tout du moins correctement.  Humeur changeante et isolement
  • L’impression d’accomplissement et de productivité n’est pas au rendez-vous ce qui a tendance à t’irriter, bloquer tes envies de découvertes et de voyage voire à remettre en question tout ce mode de vie.
  • Douleurs physiques Tu penses que ton mal de dos est dû à une mauvaise position en dormant, ou que ce mal de ventre provient du repas d’hier soir. Mais si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces petites douleurs physiques se répètent quotidiennement et n’ont pas de véritables explications médicales si ce ne sont celles liées au stress et au surmenage.

 

 

 

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4 conseils pour éviter le Burn-out de l’entrepreneur nomade.

1. Donne-toi du temps pour atteindre tes objectifs.

Une de mes premières erreurs a été de vouloir tout attaquer de front et dans un laps de temps réduit. Cela est simplement IMPOSSIBLE ! C’est simple, le travail que tu as à accomplir ne s’arrêtera jamais ! Il y aura toujours des tâches quotidiennes, des planning à plus long terme, des clients à trouver, des mail à écrire, etc. Au départ, on a envie d’avoir son activité en place et être fonctionnel rapidement. Grosse erreur, c’est le meilleur moyen de te mettre la pression et de ne pas atteindre tes objectifs. Pour éviter cela :

  • Allonge le temps de tes estimations de tâches ;
  • Ne prévois pas trop de tâches différentes sur une même journée ;
  • Prends des journées (ou demi-journées) pour faire le point. Pas de tâches spécifiques, si ce ne sont les petites tâches du quotidien. Au programme : de la réflexion !

2. Trouve des plages horaires où tu es efficace et en accord avec ton (ta) conjoint(e) ou ta famille si tu pars à plusieurs.

Jusqu’à il y a quelques mois, je travaillais en binôme avec Lucas. Cela avait cet avantage que nous étions sur la même longueur d’onde en termes d’horaires et de charge de travail. Depuis quelque temps, je me suis lancée dans des projets toute seule. Je suis de nouvelles formations et je travaille de mon côté. C’est génial, je me sens pousser des ailes et j’acquiers de plus en plus de compétences pour améliorer notre activité en duo ! Là où les ennuis commencent, c’est que nous n’avons absolument pas la même charge de travail ni les mêmes heures auxquelles nous sommes efficaces.  Nos rythmes biologiques sont également bien différents, Lucas est très productif le matin et de manière intensive, pour ma part mes idées jaillissent souvent à la tombée de la nuit.  Une solution que nous avons trouvée est de se fixer des horaires. Cela me paraissait très réducteur au départ, mais en fait, j’ai décuplé mon efficacité, mon projet avance pour de bon et j’ai à nouveau du temps pour Lucas et nos projets à nous. Nous travaillons donc de 7 h à 13 h, ce qui revient à une bonne journée de travail. Nous avons ensuite toute l’après-midi devant nous. Quand ma créativité refait surface le soir, je me contente de noter mes idées que je reprends le lendemain.  Pour résumer : communique avec ton (ta) conjoint(e) si tu es en duo (ou en famille), chacun doit entendre les besoins et les problématiques de l’autre. Puis se fixer des horaires en fonction de cela. Si tu voyages en solo, c’est pareil ! Prends bien le temps d’analyser ton rythme et donne-toi des plages horaires adaptées.

3. Recherche du soutien

Que ce soit auprès de tes proches ou de la communauté nomade digitale, essaie de trouver une oreille à qui parler. Se sentir compris et partager les moments difficiles est une aide précieuse lorsque l’on traverse un moment de doute ou de difficulté. On parle souvent de l’isolement du nomade digital et il est réel ! Lorsque tu voyages, tu ne rencontres pas forcément des entrepreneurs, beaucoup seront des voyageurs, voire des locaux qui mènent une vie différente de la tienne.  La communauté nomade digitale est bien présente sur les réseaux sociaux et notamment sur les groupes Facebook. French Digital Nomad ou encore Les digital nomades au féminin sont deux communautés françaises où la bienveillance est de mise ! N’hésite pas à les rejoindre. Si tu es un peu plus timide (ou pas d’ailleurs), je te prête mon oreille. Discuter et échanger autour du nomadisme digital est toujours un plaisir et je crois fermement à l’entraide au sein d’une communauté. 

4. Les basiques 

On les entend souvent : du repos, manger sain, faire de l’exercice (d’ailleurs, c’est valable pour tous les aspects de la vie !). Même si on le sait on ne le fait pas forcément, justement parce que l’on pense manquer de temps. Alors même si tu ne fais pas exactement 30 min d’activité physique, que tu ne manges pas 5 fruits et légumes ou que tu ne dors pas 8 heures par jour, mon conseil est de prendre le temps de chercher ce qui te fait du bien et de l’appliquer rigoureusement.  Profite de ton avantage de nomade ! Il est facile de sortir et de s’aérer l’esprit. Pour moi, il me suffit de sortir de ma cabine et faire un plouf dans l’eau, marcher dans le petit village où nous nous trouvons au moins une fois par jour et m’accorder une vraie pause déjeuner.

 

 

 

 

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Pour résumer :

  • Planifier les journées en aménageant des temps de repos ou d’activités annexe et s’y tenir ;
  • Ne pas se surcharger de travail : prendre le nombre de clients que tu sais que tu peux gérer, ne pas prévoir des activités nouvelles que tu ne maîtrises pas encore au milieu d’un rush ;
  • Essayer de mettre le stress du revenu de côté. Facile à dire, je sais ! Mais c’est une grosse source de stress quand on est freelance est encore plus quand on est à des milliers de kilomètres de sa famille. Il n’y a pas de recettes miracle, mais j’essaie au maximum d’avoir deux à trois mois d’avance sur mon budget quotidien. Cela permet de faire face aux périodes creuses ;
  • Identifier les signes de fatigue.
    Lors de grosses sessions de travail, on est parfois enivré. Mais certains signes ne trompent pas : la fatigue se présente, il est temps d’arrêter. J’ai mis du temps à les identifier, tout simplement parce que je n’en avais pas conscience. Mais je t’assure que c’est un point important !

Conclusion :

Sans pousser la sonnette d’alarme, le surmenage de l’entrepreneur et notamment de l’entrepreneur nomade est une vraie question et ne doit pas être laissé de côté. Alors que le nomadisme digital répond à une problématique importante de notre siècle ; le mal-être au travail, il ne faudrait pas se faire avoir à notre propre jeu et laisser les impératifs professionnels prendre le dessus.

Alors n’oublie pas qu’est ce qui t’as poussé à partir, l’épanouissement doit être une priorité ! Prends le temps de faire le point, de te recentrer quand cela est nécessaire pour que ton nomadisme garde du sens et continue de t’apporter du bonheur.

Et toi t’es-tu déjà retrouvé face au burn-out du nomade ? Raconte-moi ton expérience en commentaire.