Ou comment suis-je passée de diplômée en professorat de français et de français langue étrangère à freelance et entrepreneure web épanouie ?

Voilà deux ans que mon aventure de nomade digitale à commencé. L’aventure ne fait que commencer je ne compte pas m’arrêter là. Pourtant un petit regard dans le rétro s’impose. Ais-je pris la bonne direction ? Mes stratégies sont-elles au point ? Mon organisation est-elle bonne ? Suis-je satisfaite de mes revenus ? Suis-je plus heureuse ?

Autant de réponses que je vais essayer d’apporter. Un bilan est toujours utile. Peut être pourras-tu apprendre de mes erreurs (et moi aussi !!) et cela, je l’espère te donnera de l’inspiration pour attaquer du bon pied ton aventure, ou te permettre de faire ton propre bilan si tu es déjà dans nomade ?

 

Le rythme de voyage

Commençons par analyser le rythme de déplacement ! Lorsque nous sommes partis en 2016 nous avions déjà l’idée dans un coin de la tête de devenir freelance, et de travailler depuis le bateau. N’ayant aucune idée de ce que représentait l’entrepreneuriat, je me suis lancée un peu “comme ça” sans trop réfléchir. A ce moment-là nous étions en Méditerranée et nous ne passions pas plus de quelques jours sur une nouvelle escale. Maintenant avec le recul, je pense que  pour monter une entreprise il n’est pas possible de bouger toutes les semaines ! J’ai bien traité quelques dossiers, rempli quelques formulaires, entamé la création de mon site web… mais rien n’était fini, tout était dans le désordre !

Six mois plus tard, en octobre 2016 nous nous sommes arrêtés à Cartagena en Espagne. La ville et le port étaient parfait. Petite ville, port animé en plein centre ville, petite communauté de voyageur, un marché aux milles saveurs, le coût de la vie vraiment raisonnable (on s’en sortait pour 120€ de courses par mois et en se faisant plaisir !). Tous ces aspects nous ont convaincus : nous allons nous arrêter vivre ici quelques temps pour mettre en place notre activité.

Cela nous plait bien : prendre le temps de monter son business, de le peaufiner, de se former … Le slow travel est alors devenu notre mode de voyage par excellence. Je suis incapable d’être pleinement productive si je ne me crée pas une petite routine pendant quelques temps. Le temps d’atteindre un objectif ou de terminer un contrat.

Conclusion : nous voyageons comme des escargots à présent !

Productivité

Oula ! on entame un sujet délicat ! Et pourtant central. Je ne le répéterai jamais assez, être nomade digital c’est avant tout être entrepreneur. Et la différence avec un entrepreneur sédentaire, c’est qu’il s’est mis des bâtons dans les roues pour rester productif.

Je veux dire par là que voyager, changer de lieu, de connexion, de bureau, d’heures, de lit, de maison, de nourriture, d’eau… a des conséquences sur la fatigue, la santé et l’humeur.
L’entrepreneur a besoin d’un calendrier bien défini, d’une routine bien huilé, d’une connexion impeccable etc.  Parfois tous les ingrédients ne sont pas réunis quand on se déplace régulièrement. Bien sûr il y a des astuces pour chacun de ces petits problèmes ! Mais quand même, les premières fois que j’y ai fait face, ça m’a fait tout drôle !

Alors comment est ma productivité après deux ans de nomadisme digital ? Après des essais et des échecs je cherche encore ma “routine entrepreneuriale nomade”. Mais j’y suis presque ! Ce que je peux en conclure aujourd’hui c’est qu’il faut une discipline en béton. Les jours où tu n’as pas envie de travailler, où tu es fatigué car tu as voyagé plusieurs heures, où tu es malade parce que le poulet du restaurant du coin n’est pas passé, où la tempête a fait rage toute la nuit et que tu étais sur le pont du bateau armée d’un pare battage pour éviter de te prendre le bateau du voisin (oui ça sent le vécu !!), et bien toutes ces fois là il faut tout de même se plier aux choses essentielles de ton activité.

Certes ce n’est pas ce jour là que tu vas te pencher sur la résolution du gros bug du site de M.Dupont ou que tu va ouvrir le grand tuto pour tout savoir sur la publicité Facebook. Cela dit, ce jour là il te faudra tout de même répondre aux mails, gérer tes commandes, faire ta publication journalière sur les réseaux sociaux etc … Bref faire les petites choses indispensables à ton activité.

Plus que cela, il faut arriver à respecter les délais que l’on s’est fixé et s’organiser à mort !

Et toi comment fais-tu pour rester productif en voyage ? Dis-moi tout en commentaire un peu plus bas !

Budget

Encore un sujet sensible ! Le nerf de la guerre. En deux ans, ais-je atteint mes objectifs ? Est ce que j’arrive à vivre de mes revenus entrepreneurials ?

La réponse est mitigée. Les cafouillages du début ne m’ont pas permis de générer un revenu suffisant dès le départ et les dépenses liées à notre projet transatlantique m’ont obligé à faire des extras. Après avoir traversé l’Atlantique j’ai été chercher un petit job à terre pour combler les trous. Ca a été une période de quelques mois en mode rush car dans le même temps la clientèle pour notre activité de freelance était présente donc nous avons bien travaillé !

Aujourd’hui nos revenus se sont stabilisés mais le développement de nos activité pour atteindre nos objectifs est en cours. Pour y parvenir nous avons entamé une petite retraite sur l’île de Carriacou où nous nous consacrons pleinement à nos activités. Cela devrait durer encore un mois ou deux avant de reprendre le cours du voyage.

Je serai curieuse de savoir si tu es satisfait(e) de tes revenus d’entrepreneur nomade ? Dis-le moi en commentaire !

 

Les points négatifs

Être nomade digital est super mais comporte tout de même certains aspects négatifs. Pour ma part je citerai ceux-là :

  • Avoir un revenu stable est difficile au départ
  • Une fois que l’on réussi à se stabiliser, il faut redoubler d’effort pour conserver cette stabilité
  • Le voyage est fait de rencontres, mais on ne rencontre pas que des nomades digitaux. Le problème est que les personnes que l’on rencontre ne comprennent pas toujours que tu préfères travailler que d’aller faire le super trek, ou que tu préfère te reposer le soir plutôt que de sortir avec les copains. C’est parfois frustrant. Mais il faut penser à son entreprise pour aller de l’avant !
  • C’est toute une organisation pour gérer l’administratif. J’ai heureusement la chance d’avoir une famille présente en France pour recevoir et traiter mon courrier. Cependant gérer l’URSSAF, l’assurance maladie ou autre n’est pas toujours évident, on ne peut pas appeler les numéros spéciaux depuis l’étranger, le décalage horaire ne facilite pas toujours les choses et tous les interlocuteurs ne sont pas très réceptifs aux mails.

Dis-moi en commentaire quels sont les points négatifs que tu vois dans la vie de nomade digital ?

Ce que je souhaites changer

Y a-t-il des choses que je souhaites changer ? Beaucoup d’aspect de ma vie me plaisent depuis que je suis nomade. Je me sens réellement plus libre. Je fais mes propres choix quant à mon avenir professionnel et personnel. Je peux choisir de faire des extras si j’ai besoin de plus d’argent ou de me consacrer pleinement à mes activités. Je gère mon niveau de stress et la pression que je m’autorise sur les projets. Je gère également à 100% mes horaires et mon agenda. Bref être son propre patron c’est super ! Le faire dans un lieu que l’on choisit l’est encore plus.

En revanche je dois encore améliorer certaines choses :

  • M’en tenir aux heures que je me suis fixées (je fait encore trop “d’heures sup” où je ne suis plus efficace)
  • Essayer de faire mes plannings sur du plus long terme. Je me trouve encore un peu trop “au jour le jour”.
  • Me dégager plus de temps pour le consacrer à ma vie de couple et au voyage.

Et au niveau personnel ?

Clairement je me sent plus épanouie. En termes de développement personnel travailler pour soi et se lancer des défis hors de sa zone de confort est vraiment bénéfique.

La vie de nomade ne fait plus aucun doute pour moi, je souhaites conserver ce mode de vie. Je trouve la vie en bateau très saine : je cuisine plus, je nage tous les jours et n’ayant pas de moyens de locomotion, je marche beaucoup.

Le côté communautaire de la vie au mouillage est vraiment intéressant sur le plan social, on y fait de belles rencontres, nous avons toujours des voisins sympas à côté de nous avec qui partager de bons moments.

Les projets pour l’année à venir, objectifs à atteindre

En 2018 j’ai traversé l’Atlantique à la voile sur mon bateau avec mon chéri et deux super amis. J’ai réorganisé mon activité professionnelle et je nomade entre les îles des Antilles (le paradis des voileux). On peut dire que je suis globalement satisfaite !

D’ici la fin de l’année 2018 mon objectif principal est de mener à bien et terminer les projets en cours et continuer de découvrir ces îles merveilleuses.

Objectifs pour 2019 :

  • Faire un gros chantier sur le bateau. Il a besoin d’un bon rafraichissement !
  • Développer à fond le blog de No-Mad Life. J’ai des idées en tête depuis longtemps, il est temps de les mener à bien.
  • Continuer mes formations professionnelles que j’ai un peu trop laissé de côté à mon goût
  • Partir en voyage à terre (soit en Amérique Latine, soit en Asie) en posant provisoirement le bateau quelque part. Après trois ans sur les océans, la terre m’appelle ! Ce sera je penses le plus gros défis car il dépendra directement de mes revenus.

 

Conclusion

Les deux années qui viennent de s’écouler sont très positives. J’ai appris à voyager, à me débrouiller et à naviguer. J’ai surpassé beaucoup de peurs, notamment en traversant l’Atlantique.

J’ai appris un nouveau métier dans lequel je me sent bien et épanouie. J’arrive aujourd’hui à avoir assez de confiance en moi pour exercer cette activité de freelance en toute tranquillité.

Il ne me reste plus qu’à stabiliser tout ça et je serai comblée !

Dis-moi en commentaire où tu en es dans ton aventure nomade digital ? Quels sont les points que tu dois améliorer, qu’est ce qui te satisfait le plus et quelles sont tes déceptions ?