La « transat », cette aventure que des centaines de plaisanciers tentent chaque année. Avant même d’acheter le bateau, nous avions déjà cet objectif : rejoindre les Antilles en traversant l’océan Atlantique. Cinq ans de préparation, cinq ans de projection dans le grand saut, cinq ans à se demander qu’est-ce que cela fait de traverser un océan à la voile. Et puis un jour nous sommes enfin arrivés aux Antilles. C’est tel que nous l’avions imaginé : c’est beau, l’eau est agréable, les gens sont souriants, le soleil chauffe la peau. Mais avant de raconter l’après, racontons l’avant.

Tenerife, l’effervescence du grand départ

La transat a vraiment débutée, quatre mois avant le départ, à Tenerife aux Canaries. Après avoir quitté la Méditerranée au mois de juillet 2017, nous avons mis le Cap sur Madère puis sur les Canaries. Cette première vraie expérience de l’Atlantique et du large a été riche en enseignement. Vivre plusieurs jours au large, régler le bateau, vivre en autonomie, prendre confiance en son bateau, comprendre l’océan. Et puis les doutes quant à notre capacité à aller plus loin, le bateau sera-t-il prêt, le serons-nous ?  Nous « jetons l’ancre » dans le port de Tenerife, au mois de septembre 2017. Nous avons quatre mois devant nous pour nous préparer, nous et le bateau. Nos équipiers arriveront mi-novembre et ensemble nous vivrons cette expérience extraordinaire.

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Les légendaires nuages lenticulaires dans le port de Tenerife

A Ténérife tous les bateaux sont là pour préparer leur départ. Les rencontres sont faciles et toutes les discussions tournent autour de cette fameuse traversée. On échange nos points de vue, nos peurs, la façon dont on se prépare. Certains ont déjà vécu l’expérience et leurs conseils sont précieux. Après quelques semaines passées au port de Tenerife, malgré l’effervescence et l’excitation présentes sur les pontons, la transat devient banale. Finalement nous sommes tous là pour la même chose, et ce que nous nous apprêtons à faire devient une évidence, presque la normalité. Douter et revenir sur notre décision n’est plus une option. De toute façon nous traverserons, comme tout le monde, et à écouter « radio ponton » ce n’est pas non plus la mer à boire ! Et c’est là que le voyage commence vraiment, chaque jour nous nous projetons, nous préparons, nous imaginons, nous parons à toutes les éventualités, tout en se disant qu’il n’y a sans doute rien de plus facile que de suivre les Alizées.

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El Teide, le volcan de Tenerife, imperturbable

Nous retrouvons nos amis Anyvonne et Gérard de Gateway, des toursdumondistes depuis plus de vingt ans. Des sages, dont les conseils sont précieux et la présence un régal. La transat ne serait pas non plus ce qu’elle est sans les bateaux-stoppeurs. Véritable lien social entre les bateaux, ils sont d’une énergie débordante et d’un courage impressionnant : se lancer dans la traversée d’un océan sur un bateau qu’ils ne connaissent pas, parfois même sans avoir quelconque expérience de la mer. Vers la fin du mois d’octobre, cette population de jeunes aventuriers débarque sur les Canaries. Et notre histoire avec eux débute avec Zélia. Rencontrée par hasard à l’aéroport de Tenerife alors que je revenais d’un court séjour en France, je lui demande ce qu’elle fait toute seule sur l’île. Elle m’explique qu’elle vient pour trouver un bateau, traverser l’Atlantique et rejoindre le Brésil ! Wouaw ! Je lui raconte alors que je vis sur mon bateau et que je m’apprête également à traverser. C’est alors  qu’elle me demande : « tu ne serais pas Sonia ?! » Bah comment tu sais ça !!?? Zélia est en fait une amie de famille d’Anyvonne et Gérard, ils lui avaient parlé de nous ! Elle n’a pas vraiment d’endroit où dormir, nous lui proposons la cabine avant de notre bateau le temps qu’elle trouve un embarquement. Et c’est là que commencent presque trois mois de colocation. Zélia ayant trouvé son embarcation, nous proposons à d’autres bateaux-stoppeurs de les dépanner. Nous accueillerons Claire et Julien débarqués par leur précédent skipper, Karen arrivée en avion de Marseille avec le Brésil en ligne de mire et à nouveau Zélia qui changera d’équipage après de nombreuses péripéties ! Les soirées pontons s’enchainent, les bateaux-stoppeurs débarquent et envahissent les pontons de leur bonne humeur et énergie : Antoine, professeur des école en voyage, la team du Desirade : Raphaëlle, Cyril et Stéphane (Alias el Mécanico ! Mille mercis à lui pour avoir bichonné nos moteurs), bientôt rejoints par Julien, un autre fou de la voile ! Avo, Quentin & Nina, la team Saudade, la team Anahita et tous les autres avec qui nous avons beaucoup partagé avant ce départ.

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Les folles soirées ponton ! Ce soir-là nous étions 17 sur Tau Here

Après quatre mois passés à Tenerife où nous avons partagé notre temps entre notre activité et la préparation de la transat, nous mettons les voiles direction le Cap Vert. Dernière escale avant la transat. Les dernières semaines, tout s’accélère. Eric et Arnaud arrivent, on entame les derniers préparatifs. Pharmacie de bord, installation des voiles, avitaillement… C’est du sérieux !

Dans le prochain article je vous raconte la traversée vers le Cap Vert et les aventures de notre escale

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Le bateau est prêt, l’équipage aussi !! Un peu de foie gras pour célébrer les fêtes et on est parti !